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"Quêtes
temporelles"
Auteure: Line DezaindeJournal "Voir" Gatineau-Ottawa
du 10 novembre 2005 |
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Les œuvres tirent ainsi leur origine
de cette fascination de l'artiste pour l'incommensurabilité
du temps, d'études dans le domaine de la physique,
des histoires de Jules Verne, des machines à remonter
le temps et même des films de Star Wars! Depuis son
immigration au pays, Chadid est à même de comparer
la conception des Nord-Américains à celle des
habitants de son Maroc natal: "Le temps prend une autre
dimension lorsqu'on dispose de temps libre, de ressources
et de la liberté de s'exprimer." Il renvoie également
aux cultures qui ne définissent pas le temps de façons
semblables: "La course effrénée pour gagner
du temps n'a aucune résonance pour le montagnard de
l'Afrique. C'est une notion qui lui est totalement étrangère."
Fusionnant art et sciences, les sculptures, que l'artiste
nomme aussi "instruments", investiguent chacune
à leur manière une portion du temps. Les structures
métalliques sont composées de feuilles d'acier
découpées à la torche, de moteurs et
de délicats engrenages en tiges d'acier. S'y ajoutent
de cliquetantes chaînettes, des tiges grattant le sol
couvert de sable ou des pelles ramassant péniblement
une minime quantité de ce sable pour l'emporter au
sommet de la structure afin de compléter le cycle.
Et pourtant, ces fragiles machines n'ont aucune finalité:
elles répètent incessamment les mêmes
mouvements au rythme d'un sempiternel tempo. Tout en étant
pathétiquement inutiles, ces instruments incarnent
de façon ludique la très humaine quête
et poursuite du temps perdu.
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