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| "Un
temps soit peu". Auteur: YANN POCREAU
"PRÉMICES" édition 2004-2005, publication
du centre d'artistes AXENÉO7 |
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| Alors
que l'industrialisation battait son plein et que la machine
ne donnait à voir que de plurielles possibilités
de surpassement, elle se mit à effrayer. Fritz Lang et
sa Métropolis l'auront dépeinte comme une acerbe
invention infectant la société, ses assises et
modes de fonctionnement. La superbe image d'un Chaplin aux prises
avec un complexe système de roues dentelées, de
leviers et d'engrenages dans Les Temps Modernes n'aura que souligné
encore une fois le ridicule de l'homme face à l'hégémonie
de sa propre création, du moins, face à ce qu'en
aura fait une société du capital. En constante
évolution surtout depuis l'autonomie, bien que partielle,
que lui a procuré l'informatique, la machine, croit-on
toujours, aura vite fait de mutiner l'humanité. À
cette machine qui tue, qui révolutionne ou encore qui
multiplie la production chaque jour qui passe, se comprend aussi
son indubitable nécessité. Défoncée
par l'industrialisation, l'économie mondiale repose entre
les mains des modes de production qu'elle permet. La subsistance
même se définit aujourd'hui à travers les
moyens entrepris pour maximiser la moindre seconde, pour minimiser
l'effort et n'a plus comme substrat que l'exigeante équation
de la débrouillardise et du peu de ressources disponibles
pour répondre à des besoins élémentaires.
C'est en sens que les quatre sculptures cinétiques que
nous propose Mustapha Chadid dans Un temps soit peu pourraient
rappeler mécanismes et systèmes de dépannage,
sortes de machines à survie, résolument défaillantes.
Il y a donc dans ces œuvres, bien au-delà du ludisme
qu'elles pourraient évoquer, une brillante réflexion
habillement articulée sur les questions de fiabilité,
de production et de temps notamment, donnant à voir de
nombreuses possibilités de discours. |
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