|
|
|
| "Un
temps soit peu". Auteur: YANN POCREAU
"PRÉMICES" édition 2004-2005, publication
du centre d'artistes AXENÉO7 |
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
| |
| Bien
qu'à toute première vue, dans une première
immersion au cœur de la cacophonie qui englobe l'espace
d'exposition, le bric-à-brac mécanique des sculptures
de Chadid semble évoquer les assemblages Tinguely, il
est essentiel de porter une attention particulière à
l'action qu'elles semblent vouloir répéter. Les
machines de Tinguely qu'il qualifiait lui-même de folle
et d'idiote étaient vouées à une absurde
fatalité, à un inévitable suicide mécanique.
Celles de Chadid sont, elles, d'une bouleversante détermination.
Le va-et-vient aliéné de la machine ne sert plus
à l'autodestruction ni même à l'autodérision
comme auraient pu le faire les cinétiques de Tinguely;
Chez Chadid, il est plutôt question de machines épuisées,
en perte d'autonomie, frôlant la panne à tout moment,
tenant en haleine le regardeur qui s'interroge sur l'inefficacité
évidente du bricolage. En effet, les mécanismes
élémentaires que met en scène Chadid rappellent
puits et moulins de fortune, appareillages fébriles et
maladroits que l'on pourrait retrouver dans les milieux ruraux
d'Afrique du Nord par exemple, d'où origine l'artiste.
Ainsi, la machine s'efforce d'accomplir sa tâche, esclave
de ses ressorts et poulies, elle semble s'être fatiguée
mais empreinte d'un utopique et dérangeant optimisme
pour une quelconque performance, vers un but ultime bien que
tout à fait incertain. |
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|